Force est de constater que l’offre de spiruline bio (issue de l’Agriculture biologique) en France est depuis quelques années plus large et plus diversifiée.
La possibilité de labelliser la production de spiruline en Europe à la fin des années 2010 a conduit notre profession à engager des recherches pour trouver des nutriments adaptés aux conditions de culture si particulières de nos productions.
Après quelques années d’expérimentation et suite à une évolution de la législation, les productrices et producteurs français sont en mesure de vous proposer des spirulines labellisées bio, qui donnent entièrement satisfaction.
A la fin des années 90, les pionniers de la production de spiruline française n’avaient pas la possibilité de prétendre à un label bio, tout simplement parce que le cas de la spiruline n’avait pas été envisagé par le législateur.
C’est d’ailleurs ce qui a motivé le regroupement des productrices et producteurs français au sein de la Fédération des Spiruliniers de France en 2009, pour échanger sur leurs pratiques et travailler ensemble à l’élaboration de modes de culture compatibles avec les règles de l’Agriculture biologique.
…mais les instances européennes en ont décidé autrement, en ne retenant pas notre proposition et en rattachant, en 2017, la spiruline au cahier des charges «culture d’algues marines » (nettement moins exigeant que nos propositions et surtout mal adapté à nos pratiques et contraintes).
Il nous faudra pour l’instant faire avec !
Après quelques années de recherche et de tests d’intrants sur nos fermes, les premières productions françaises bio AB voient le jour. Depuis, nous avons progressé et trouvé enfin des solutions mieux adaptées à nos pratiques et donnant des résultats satisfaisants.
Aujourd’hui, au sein de notre fédération, certains font le choix du bio AB, d’autres non, incluant une forte diversité de pratiques, mais une même exigence. Les seules différences entre bio et «conventionnel » résident dans les pratiques de culture, mais n’influent en rien sur la qualité finale du produit (le bio n’est pas un gage de qualité, mais une garantie du respect de certaines normes de production).
La France peut s’enorgueillir d’être reconnue pour la qualité nutritionnelle, mais aussi gustative, de ses productions de spiruline.
Les raisons de cette exigence tiennent principalement à l’éventail des contrôles sanitaires que nous nous sommes progressivement imposés et de modes de séchage à basse température, seule garantie d’un potentiel nutritionnel intact (ce qui n’est pas toujours le cas de spirulines d’importation, même en bio !).
Il faut savoir enfin que, contrairement aux autres productions agricoles, seul le label bio AB peut s’appliquer à la production de spiruline, des mentions privées comme Nature et Progrès, Demeter ou Bio Cohérence ne sont actuellement pas prévues.
Comme pour toute autre production agricole, il existe aujourd’hui au sein de l’Union européenne un régime d’équivalence pour la spiruline bio d’importation, permettant à certains produits d’être commercialisés sous la mention « bio ».
Pourtant, en l’absence de concordance des exigences de production et d’une opacité certaine sur les pratiques, on ne peut que constater qu’une partie des produits « bio » d’importation sont de bien moindres qualité que les productions artisanales françaises (le taux de phycocyanine en est un marqueur évident pour la spiruline, mais il n’est pas le seul).

De fait, nous ne pouvons que vous inciter à vérifier la provenance de la spiruline que vous consommez (pas toujours facile à faire, on vous l’accorde … fabriqué en France ne veut pas forcément dire produit en France !) et à privilégier la consommation de spiruline française, paysanne, locale et de qualité, qu’elle soit bio ou non !
Il nous aura fallu plus de 15 ans pour parvenir à cette possibilité de produire en France une spiruline de qualité selon les règles de l’agriculture biologique.
Mais nous voulons aller plus loin, faire reconnaître la spécificité de notre culture si particulière et faire émerger des solutions de nutriments plus éthiques.

La Fédération des Spiruliniers de France continue donc à travailler pour: